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Pourquoi nos enfants sont-ils autant médicamentés?

Profile photo of Eloïse Beaulé

Eloïse Beaulé

Entrepreneur et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.
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C’est en lisant le dernier article du Journal de Montréal portant sur le TDAH que j’ai réalisé qu’une fois de plus, on mettait l’accent sur la médication.  Il n’y pas si longtemps, une autre nouvelle disait que le Québec était la province qui consommait le plus de Ritalin au pays, près du double de la consommation du pays! Encore une fois, le lobby anti-médication s’y est donné à coeur joie et c’est de nouveau nous parents qui ont été blâmés.  « Vous droguez vos enfants, ils deviennent amorphes et dépendants… vous achetez la paix… faites-leurs dont faire du sport à la place ». Ou encore : « Ce sont les pharmas qui s’en mettent plein les poches ».  On sait tous que ces commentaires n’ont rien à voir avec la situation.  Les psychostimulants ne transforment pas nos enfants en zombies et les pharmas sont des entreprises qui produiront tant qu’il y aura de la demande.  Mais dans tout ce brouhahaha médiatique entourant la fameuse médication, il n’y a personne qui s’est penché sur la réelle question : Pourquoi?

Pourquoi nos enfants sont-ils autant médicamentés?

medicamentsComme parent, on est prêt à tout faire pour que notre enfant s’intègre normalement à la société dans laquelle nous vivons.  On souhaite qu’il s’accomplisse à l’école, que sa vie soit remplie d’amour et de positivisme.  Nous sommes leur guide, celui qui transmet nos valeurs et la façon de vivre et d’évoluer en société.  On leur donne la vie pour qu’ils en profitent au maximum! Mais qu’en est-il lorsque leur vie est plutôt remplie d’échecs? De questionnements? De différences? Nous avons beau être le meilleur guide qui soit, nous n’arrivons pas à permettre à notre enfant de s’accomplir et être heureux.  Alors on se tourne vers les spécialistes qui nous disent que notre enfant a peut-être un problème.  On instigue, on se fait dire qu’il a un trouble… un déficit d’attention… avec hyperactivité ou pas… puis après, plus rien.  Nous sommes laissés seuls avec le diagnostic, sans moyens, sans services.

Bien sûr, l’école offre des services pour faciliter le cheminement scolaire de notre enfant.  Et encore là, ces services varient d’une école à l’autre, d’une commission scolaire à une autre.  Parfois, les services sont déjà à 100 % de leur capacité, sans espoir d’accessibilité pour notre progéniture à moins qu’il soit en situation grave d’échec scolaire.

Puis, on se tourne vers les services publics, une liste d’attente repartie sur quelques années si votre situation est lourde.  Votre enfant n’est pas en échec scolaire? Il n’est pas à risque de délinquance? Il n’a droit à aucun service, on priorise.  En fait, l’offre de services public est quasi-inexistante.  Oui, il existe des organismes pouvant vous aider (Associations Panda, TDAH Estrie, etc.)  mais aucune n’offre de suivi personnalisé… quelques petites formations ici et là puis quelques conférences, mais personne qui peut s’asseoir avec vous et vous proposer des stratégies d’intervention POUR votre enfant. Vous êtes le seul maître à bord.  Il vous reste le privé, à plus ou moins 100$/heure mais puisque vous vivez au Québec et que tous les services coûtent une fortune, vous n’en avez pas les moyens (d’autant plus que vous devez manquer le travail pour le suivi).

On vous informe alors qu’en donnant une médication à votre enfant, vous réglerez entre 50 et 80% du problème.  Donner une médication est contre vos principes, vous avez vous aussi été témoin de tout ce qui se dit dans les journaux sur le sujet mais qu’avez-vous comme autre option? La situation doit changer et vous êtes à court d’options.

L’absence de services au Québec

On a annoncé dans les dernières semaines que les budgets des commissions scolaires seront réduits dramatiquement et que du même coup, on allait augmenter le nombre d’élèves par classe.  Or, dans une classe moyenne, ce n’est pas 5% des élèves qui ont un TDAH mais près de 20%.  Une enseignante de 6e me racontait l’an dernier qu’elle avait 7 élèves dans sa classe ayant un déficit d’attention (sur 26 élèves). Elle avait fait installer un vélo stationnaire dans la classe pour permettre à certains élèves d’évacuer le trop-plein d’énergie et les aider au quotidien.  Plusieurs enseignants doivent mettre en place une foule de moyens pour venir en aide aux enfants ayant un déficit d’attention avec ou sans hyperactivité et cela, c’est sans compter le nombre grandissant d’élèves ayant une problématique reliée aux apprentissages.  Certaines directions d’école offrent du perfectionnement à leur personnel , d’autres n’en ont pas les moyens.  L’équipe école fait le maximum pour offrir une offre de services éducationnelle équitable pour tous et adaptée.  Mais avec les dernières coupures, l’offre de services aux élèves est en péril.

En l’absence d’une offre de services et d’une éducation personnalisée aux besoins de l’enfant, l’ultime option en termes d’intervention demeure la médication.  Elle est en quelque sorte, le « Fast Food » (ou Fast Intervention) de la neuropsy moderne.  Triste réalité et choix de société qu’ont pour nous, nos gouvernements.   Tant que nous ne sensibiliseront pas la population sur le portrait réel des classes et des familles d’aujourd’hui, tant que nous n’empêcheront pas les préjugés de circuler et tant que nous resterons là à subir l’hypocrisie de nos dirigeants, nous continuerons de faire augmenter les statistiques de consommation de médication au Québec.  Il est temps que ça change!

 

 

 

Eloïse Beaulé

Entrepreneure et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.

12 thoughts on “Pourquoi nos enfants sont-ils autant médicamentés?

  1. Mais si on pousse encore plus loin le résonnement …c est un fléau comment peut il y avoir autant d enfant atteint ?? Si on remonte seulement de 30 ans c était quasi en existant …. La pollution ? La mal bouffe ? Les additifs ? Notre façon d élever nos enfants roi ? Les ondes ? C est qui le réel problème ?

  2. Mais si on pousse encore plus loin le résonnement …c est un fléau comment peut il y avoir autant d enfant atteint ?? Si on remonte seulement de 30 ans c était quasi en existant …. La pollution ? La mal bouffe ? Les additifs ? Notre façon d élever nos enfants roi ? Les ondes ? C est qui le réel problème ?

  3. Les enfants ne peuvent même plus être des enfants… S’ils sont bougons une journée, en passant ça m’arrive aussi, lumière rouge! Et s’il est déçu, oups autre chose en plus! Vive la société!
    Quand en maternelle ton enfant pleure qu’il ne veut plus aller à l’école…
    Nous avons TOUT fait pour qu’il soit heureux. Ça commencer à bien aller seulement au secondaire.
    Bonne chance à tous.

    1. Ah bien! C’est drôle moi aussi ma fille hurle et me dit qu’elle ne veut plus rien savoir de l’école. Wow elle est en 2ème année. Ça ne va pas en s’améliorant.

  4. Les enfants ne peuvent même plus être des enfants… S’ils sont bougons une journée, en passant ça m’arrive aussi, lumière rouge! Et s’il est déçu, oups autre chose en plus! Vive la société!
    Quand en maternelle ton enfant pleure qu’il ne veut plus aller à l’école…
    Nous avons TOUT fait pour qu’il soit heureux. Ça commencer à bien aller seulement au secondaire.
    Bonne chance à tous.

    1. Ah bien! C’est drôle moi aussi ma fille hurle et me dit qu’elle ne veut plus rien savoir de l’école. Wow elle est en 2ème année. Ça ne va pas en s’améliorant.

  5. Quel triste sort qui attend nos enfants tdah. Si on continue comme ça avec ce gouvernement ( loin de moi l’idée de parler politique) mais j’avoue que j’ai très peur pour ma fille qui est en 2 e année et en situation d’échec. Si on augmente les enfants dans les classes je ne suis pas certaine de l’avenir positif qu’elle réussira à avoir d’elle-même dans le futur. D’autant plus qu’elle a une Dyspraxie verbale sévère qui l’empêche d’avoir un langage normal. Alors, c’est la condamner à un rejet presque assuré de sa valeur positive. Elle a beau aller en ergo, en ortho, avec une TES, en récupération et au service d’aide aux devoirs. Les gens jugent qu’on ne s’implique pas assez, qu’on les bourrent de médicaments, mais sans ca je ne sais pas ce qu’elle deviendrait ma belle petite cocotte qui elle n’a pas demandée à être si différente de ses amies. Une chance que la direction et son professeur sont en or sinon mon désespoir serait encore plus immense.

    J’aimerais bien qu’une personne qui passe un commentaire sur le fait que je médicamente ma fille vienne passer seulement une journée en présence de ma fille pour la suivre et voir ce que c’est qu’être elle dans une journée. Et même là, cette personne ne saura jamais ce qui se passe dans le corps et la tête de ma fille. Et ne pourra jamais se sentir aussi démunie que je suis face à cette situation qui est la nôtre.

    1. je suis tout a fais d accord avec toi marie-eve car moi aussi j ai un beau et grand garcons qui est medicamenter et si il n avait pas eu la chance d etre accepter en classe adapter et avoir l aide que nous avions besoin je sais pas moi non plus se serais quoi l avenir de mon trésor mais ses facile de juger quand on a pas a le vivre donc bonne chance a toi et ta puce et je te comprend

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