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Pourquoi j’ai choisi de médicamenter mes enfants

Profile photo of Eloïse Beaulé

Eloïse Beaulé

Entrepreneur et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.
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Je vous posais la question cette semaine sur ma page facebook « Pourquoi avoir fait le choix de médicamenter votre enfant? « . Je n’avais pas réalisé que la question de la médication pouvait susciter autant de réactions.

Oui, beaucoup de commentaires.  Comme si nous avions besoin une fois de plus de nous justifier, de faire valoir les points positifs d’un tel choix, de démontrer que nous sommes des personnes sensées et à l’écoute des besoins de nos enfants.  Nous sommes des battants, parfois en mode survie mais toujours prêts à essayer LA solution qui pourrait réduire les symptômes autrement qu’avec la fameuse pilule.  Eh bien, toutes les personnes dont j’ai lu les commentaires l’ont fait par résignation ou parce qu’elles étaient mises au pied du mur.  Elles n’avaient plus de choix.  C’était l’ultime solution.

Comme vous, je n’avais pas envie de donner une pilule à mon enfant.  Je ne suis même pas adepte des vitamines et je suis de l’école de pensée que bien des bobos sont des signes que notre corps nous parle.  Mal de tête, mon corps est fatigué, il a faim, il a soif, il me lance un signe.  Mais cette fois, malgré bien des essais, je me suis moi aussi résignée.  J’ai vu mon fils aîné se transformer sous mes yeux, redevenir le petit garçon qu’il était jadis, il a pu se reprendre en mains et réorganiser sa tête et ses idées.

Pour fiston 2,  dans l’attente d’un diagnostic, nous avions tenté d’enrichir sa diète en acides aminés et en Oméga3 mais sans aucun succès. Nous avons aussi fait de la psychothérapie comportementale mais encore une  fois, peu de résultats.  Les crises, les colères, les pleurs et le découragement.  Notre découragement, notre désespoir mais aussi le sien… Les fils se touchaient et même nous adultes, nous n’arrivions pas à comprendre ni à trouver des moyens pour agir efficacement.

Une fois le diagnostic posé, nous avons compris que nous avions affaire à un trouble plus important.  Avec les résultats satisfaisants de fiston 1, nous avons une  fois de plus opté pour la médication. Mais ça n’a pas fonctionné.  Il a mal réagit au premier essai. Puis, nous en avons essayé une 2e molécule et enfin, les résultats ont été positifs. Je n’avais plus un petit schtroumpf grognon, j’avais enfin une version plus rose de mon fils, un petit garçon plus heureux, mieux dans sa peau et beaucoup moins impulsif (qui n’est parfois pas très loin de la violence).

Certaines mamans ont racontées avoir eu des enfants à ce point mal dans leur peau qu’ils avaient envie de mourir, même à 5 ans. Ça prend une force incroyable pour faire face à une telle situation… juste de l’écrire, j’en ai des frissons.  Ça exprime aussi toute la détresse de l’enfant… nos petits sont intelligents, très intelligents, suffisamment pour prendre conscience qu’ils sont différents, mais pas dans le bon sens… plusieurs d’entres-nous avons répondu au cri du coeur de notre enfant, simplement. Nous n’avions plus le choix.  C’était l’ultime solution.

N’allez pas croire que la médication a tout réglé pour nous.  Non.  C’est un combat, une véritable quête. Il faut être à l’écoute de leurs besoins, sans arrêt… le doute est toujours présent « et si c’était la médication qui lui donnait mal au ventre? », « est-ce que sa dose est insuffisante ou trop forte? » Nous devenons même des spécialistes à force de recherches dans les bouquins.  J’ai souvent l’impression d’avoir moi aussi fait ma maîtrise en neuroscience!

J’ai parfois l’impression qu’un trouble du déficit de l’attention, c’est comme les accouchements, il n’y en a pas un pareil.  T’as beau l’avoir déjà vécu, tu t’y prépares mais ça ne se passe jamais pareil.  Dans certains cas, tout se passe bien et dans d’autres, on doit faire face à l’urgence du moment et prendre des mesures que nous n’avions pas envisagées. Chaque enfant arrive avec sa petite valise…

Dans quelques semaines, je serai de nouveau confrontée à ce choix, donner ou non une médication à mon enfant… il n’a que 6 ans, n’est pas problématique à la maison, mais ailleurs… c’est autre chose.  Je sais qu’il aura lui aussi, besoin que je sois à l’écoute.  Que je le guide et que je l’outille pour vivre avec ce trouble.  Si toutes nos interventions ne suffisent pas, nous n’aurons d’autres choix que d’aller encore une fois vers la médication, ce sera l’ultime solution mais certainement pas notre dernière intervention.

Eloïse Beaulé

Entrepreneure et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.

19 thoughts on “Pourquoi j’ai choisi de médicamenter mes enfants

  1. Bonjour,
    Merci pour ce blog merveilleusement touchant.
    Je pensais que nous étions seuls à vivre de telles difficultés, jusqu’au diagnostic de mon fils à 9 ans.
    Nous avons consultés des médecins, psy, éducateurs et j’en passe personne ne nous a jamais mis sur la voie. On nous a conseillé les plantes, les récompenses, de revoir notre éducation….jusqu’au jour où nous sommes partis vivre en Israel et où le diagnostic a eté si rapidement posé.
    Quelques jours plus tard, la ritaline faisait sont effet , la mélatonine pour l’aider à s’endormir et c’est un nouvel enfant heureux, bien dans sa peau qui était en train d’éclore.
    Il y a plus de 10 enfants qui en prennent dans sa classe (école primaire classique), quand à la neurologue qui est un professeur de renommé mondiale elle compare cela à une paire de lunette.Tout simplement. Certains enfants on un besoin vital de ce médicament; pour n’importe quel autre trouble ou maladie personne ne dirait qu’il faut se passer sans médicament. Je pense que nous devons être fiers de prendre les bonnes décisions même si elle s’avèrent difficiles à prendre.Nous leur offrons la vie.

  2. Étant médicamentée pour mon propre TDAH depuis le mois d’avril de cette année, jamais je ne retournerais en arrière. J’ai essayé de sauter un jour, parce que je me questionnais si ma médication marchait réellement et ça été tellement un gros « clash » par rapport à comment je me sens, si mes enfants ont un tel diagnostique, je choisirais la médication pour eux aussi. Mon bien-être médicamenté n’a pas de prix. Je préfère prendre de la médication tous les jours que de me sentir merdique, et je souhaite à mes enfants de se sentir bien coûte que coûte.

  3. Je nous retrouve tellement dans ce texte ; nous aussi on a tout essayé avant la décision de la médication mais quand c’est neurologique bien ce sont les pilules qui font le travail mais ça ne fait pas de miracle mais ça aide beaucoup mon fils.

  4. J’étais sur le point de lâcher mes cours à l’université quand j’ai enfin trouvé la bonne molécule… et depuis ce temps j’ai réussi à obtenir des A+, des notes à la hauteur de mes connaissances et mes efforts, enfin! 🙂

  5. J’étais sur le point de lâcher mes cours à l’université quand j’ai enfin trouvé la bonne molécule… et depuis ce temps j’ai réussi à obtenir des A+, des notes à la hauteur de mes connaissances et mes efforts, enfin! 🙂

  6. Bonjour, je viens de découvrir votre blogue. Ma fille a été diagnostiquée depuis 5 ans, TDAH avec impulsivité. J’ai résisté à la médication, mais de la voir revenir en larmes et me raconter qu’elle était toujours toute seule parce qu’elle n’avait pas d’amies m’a convaincue. Nus avons été chanceux, la première tentative a été la bonne. Ce n’est pas miraculeux, mais au final, je me dis que si elle avait été diagnostiquée avec le diabète, je lui aurais sans hésité injecté l’insuline nécessaire.
    Elle est maintenant adolescente et vient de commencer le secondaire. Bien sûr, elle résiste à la médication. Elle a même réussi à convaincre son père, quand j’étais absente, qu’elle n’avait plus besoin de sa dose quotidienne. En 2 semaines, j’ai retrouvé ma petite fille colérique, impulsive, désagréable, avec des notes à la baisse.
    Pour nous, la médication n’est pas un choix. Mais c’est un choix déchirant. J’ai lu, il y a quelques semaines, une étude sur les effets de la non-médication chez nos enfants: plus de décrochage scolaire, plus de grossesses non désirées, plus de violence, plus de dépendance aux drogues dures. J’ignore ce qui est vrai ou pas. Un jour, ma fille sera en âge de faire ses propres choix. J’espère qu’au dela de la petite pilule, nous lui aurons donné une base qui lui permettra d’assumer ses choix.
    Je continuerai à vous lire. Merci pour ce blogue!

  7. Bonjour, je viens de découvrir votre blogue. Ma fille a été diagnostiquée depuis 5 ans, TDAH avec impulsivité. J’ai résisté à la médication, mais de la voir revenir en larmes et me raconter qu’elle était toujours toute seule parce qu’elle n’avait pas d’amies m’a convaincue. Nus avons été chanceux, la première tentative a été la bonne. Ce n’est pas miraculeux, mais au final, je me dis que si elle avait été diagnostiquée avec le diabète, je lui aurais sans hésité injecté l’insuline nécessaire.
    Elle est maintenant adolescente et vient de commencer le secondaire. Bien sûr, elle résiste à la médication. Elle a même réussi à convaincre son père, quand j’étais absente, qu’elle n’avait plus besoin de sa dose quotidienne. En 2 semaines, j’ai retrouvé ma petite fille colérique, impulsive, désagréable, avec des notes à la baisse.
    Pour nous, la médication n’est pas un choix. Mais c’est un choix déchirant. J’ai lu, il y a quelques semaines, une étude sur les effets de la non-médication chez nos enfants: plus de décrochage scolaire, plus de grossesses non désirées, plus de violence, plus de dépendance aux drogues dures. J’ignore ce qui est vrai ou pas. Un jour, ma fille sera en âge de faire ses propres choix. J’espère qu’au dela de la petite pilule, nous lui aurons donné une base qui lui permettra d’assumer ses choix.
    Je continuerai à vous lire. Merci pour ce blogue!

  8. Parfois dans certain cas, la question du pour ou contre médicamenter son enfant ne se pose même pas, mon fils m’a déjà dit via quelques années vers l’âge de 7 ou 8 ans , un samedi matin il est venu me réveiller et m’a dit  » maman je veux ma pilule, oui oui ça sera pas long attend un peux! Et il me répond non je veux l’avoir tout de suite! Je lui demande pourquoi ça ne peut pas attendre tu n’a pas d’école ce matin ? Et il me répond parce que ça grouille trop en dedans de moi! Ce fameux matin, m’a fait réaliser qu’il lui fallait son médicament non seulement pour sa concentration mais aissi pour son
    Confort intérieur car plus l’heure avançait plus il devenait agité et il ne parvenait plus a contrôler et gérer son petit corp! Il a maintenant 14 ans et la première chose qu’il fait après son pipi matinale bien sur! 🙂 il prend son médicament! Il est maintenant rendue au secondaire, l’école du quartier a décidé de l’envoyer dans une autre école qui devait etre mieux adapté pour lui ! Comme maman nous voulons le mieux pour nos petits, ce fut présenté comme génial aux départ.. ! En réalité c’est un vrai cauchemar …. je regrette d’avoir accepté ce transfert donc soyez vigilants avant d’accepter leurs solutions miracle! Il devrait y avoir des écoles avec des professionnels formé et passionné pour aider nos enfants a accepté leurs différences et développer leurs talents et non pas les dévaloriser, les réprimander pour tout et pour rien oubliant que c’est enfants ce battre jours après jours pour essayer de faire mieux que le jour d’avant! Chaque petite réussite devrait être souligné positivement aux lieux de toujours voir le négatif qui est responsable bien souvent de la perte de l’estime de soi, ce qui apporte d’avantage de problèmes = perte d’intérêt, dépression, agressivité, replié sur lui même, isolement et plus encore!

    Merci je me suis défoulé! 🙂

    Courage chers parents!

  9. Parfois dans certain cas, la question du pour ou contre médicamenter son enfant ne se pose même pas, mon fils m’a déjà dit via quelques années vers l’âge de 7 ou 8 ans , un samedi matin il est venu me réveiller et m’a dit  » maman je veux ma pilule, oui oui ça sera pas long attend un peux! Et il me répond non je veux l’avoir tout de suite! Je lui demande pourquoi ça ne peut pas attendre tu n’a pas d’école ce matin ? Et il me répond parce que ça grouille trop en dedans de moi! Ce fameux matin, m’a fait réaliser qu’il lui fallait son médicament non seulement pour sa concentration mais aissi pour son
    Confort intérieur car plus l’heure avançait plus il devenait agité et il ne parvenait plus a contrôler et gérer son petit corp! Il a maintenant 14 ans et la première chose qu’il fait après son pipi matinale bien sur! 🙂 il prend son médicament! Il est maintenant rendue au secondaire, l’école du quartier a décidé de l’envoyer dans une autre école qui devait etre mieux adapté pour lui ! Comme maman nous voulons le mieux pour nos petits, ce fut présenté comme génial aux départ.. ! En réalité c’est un vrai cauchemar …. je regrette d’avoir accepté ce transfert donc soyez vigilants avant d’accepter leurs solutions miracle! Il devrait y avoir des écoles avec des professionnels formé et passionné pour aider nos enfants a accepté leurs différences et développer leurs talents et non pas les dévaloriser, les réprimander pour tout et pour rien oubliant que c’est enfants ce battre jours après jours pour essayer de faire mieux que le jour d’avant! Chaque petite réussite devrait être souligné positivement aux lieux de toujours voir le négatif qui est responsable bien souvent de la perte de l’estime de soi, ce qui apporte d’avantage de problèmes = perte d’intérêt, dépression, agressivité, replié sur lui même, isolement et plus encore!

    Merci je me suis défoulé! 🙂

    Courage chers parents!

  10. je vous comprends et ne me permets pas de juger! J’ai également eu un enfant de 8 ans qui voulait mourir, se suicider il traversait beaucoup de soucis dans sa vie, éponge de tout ce qu’il se passait autour de lui. Heureusement, moi celà s’est réglé sans médication. Il était violent, irrespectueux, a été renvoyé de l’école……. Au fait privé de son papa par décision judiciaire il été tellement en colère et triste qu’il le manifestait à sa manière. Effectivement troubles de comportement, de l’attention, de la concentration, des troubles en dys….. mais depuis juin tout se passe très très bien, et heureusement il n’a pas eu besoin de médication. Je suis contre les médicaments mais j’avoue y avoir pensé et franchement si ça peut les aider faut pas hésiter! Bonne chance

  11. je vous comprends et ne me permets pas de juger! J’ai également eu un enfant de 8 ans qui voulait mourir, se suicider il traversait beaucoup de soucis dans sa vie, éponge de tout ce qu’il se passait autour de lui. Heureusement, moi celà s’est réglé sans médication. Il était violent, irrespectueux, a été renvoyé de l’école……. Au fait privé de son papa par décision judiciaire il été tellement en colère et triste qu’il le manifestait à sa manière. Effectivement troubles de comportement, de l’attention, de la concentration, des troubles en dys….. mais depuis juin tout se passe très très bien, et heureusement il n’a pas eu besoin de médication. Je suis contre les médicaments mais j’avoue y avoir pensé et franchement si ça peut les aider faut pas hésiter! Bonne chance

  12. J’ai fait l’école à la maison à mes deux enfants souffrant deTDAH, pour moi ça été un bon choix .Voir mes enfants constamment mis à l’écart me fendait le coeur. Mais faire l’école à la maison implique beaucoup de discipline sans rigidité et avoir beaucoup d’imagination pour garder leur intérêt et leur motivation de plus le programme scolaire québécois est très lourd donc beaucoup de patience .

  13. J’ai fait l’école à la maison à mes deux enfants souffrant deTDAH, pour moi ça été un bon choix .Voir mes enfants constamment mis à l’écart me fendait le coeur. Mais faire l’école à la maison implique beaucoup de discipline sans rigidité et avoir beaucoup d’imagination pour garder leur intérêt et leur motivation de plus le programme scolaire québécois est très lourd donc beaucoup de patience .

  14. Ou la la votre histoire est exactement la mienne! que de souffrance et d’incompréhension en tous cas pour moi face à l’école surtout

  15. Ou la la votre histoire est exactement la mienne! que de souffrance et d’incompréhension en tous cas pour moi face à l’école surtout

  16. Bonjour, je vous suis depuis le début…J’aimerais savoir ce que vous pensez de l’école à la maison pour enfants TDHA, qui ne fonctionne pas dans un cadre scolaire « normal »…L’échec est devenu tellement grand que l’estime de soi en a pris un grand coup…Ne veut plus retourner à l’école, parceque « ça ne donne rien » selon sa vision…Bien sûr, il y a de l’impulsivité, des troubles anxieux et un diabète de type 1 pour couronner le tout!!! Merci Marie

    1. Malheureusement, je ne saurais vous répondre puisque je n’ai jamais expérimenté l’école à la maison. Je publie votre commentaire au cas où quelqu’un aurait quelque chose à répondre.

  17. Bonjour, je vous suis depuis le début…J’aimerais savoir ce que vous pensez de l’école à la maison pour enfants TDHA, qui ne fonctionne pas dans un cadre scolaire « normal »…L’échec est devenu tellement grand que l’estime de soi en a pris un grand coup…Ne veut plus retourner à l’école, parceque « ça ne donne rien » selon sa vision…Bien sûr, il y a de l’impulsivité, des troubles anxieux et un diabète de type 1 pour couronner le tout!!! Merci Marie

    1. Malheureusement, je ne saurais vous répondre puisque je n’ai jamais expérimenté l’école à la maison. Je publie votre commentaire au cas où quelqu’un aurait quelque chose à répondre.

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