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Moi? TDAH?

Profile photo of Eloïse Beaulé

Eloïse Beaulé

Entrepreneur et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.
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J’ai toujours eu un certain détachement face au déficit d’attention de mes enfants.  Pas que ça ne m’intéressait pas, bien au contraire, mais j’étais personnellement détachée de la réalité de ce que c’est de vivre avec un déficit d’attention.  Je n’ai jamais reçu de diagnostic, je n’ai jamais souffert de désorganisation ou de manque de concentration non plus.  Je suis en général celle qui organise les autres, qui peine de voir les choses s’organiser par quelqu’un d’autre.  J’aime avoir le contrôle de ma destinée en quelque sorte.  D’autres diront que je suis peut-être un peu Germaine (gère-mène).

Puis, lors de la dernière conférence du Dr Laberge que j’avais déjà vu au moins 3 fois, je me suis reconnue dans la description qu’elle faisait d’une ado ayant un TDAH : Vous savez le genre de jeune fille qui griffonne toujours dans les marges de ses cahiers (dans mon cas, c’était mon agenda), qui est souvent dans la lune (toujours), qui oublie constamment ses clés ou tout autre objet du quotidien… qui a du mal à gérer ses émotions (j’avais tellement la larme facile), qui est toujours en retard ou à la dernière minute pour payer ses comptes (le nombre de pénalités de retard que j’ai payé dans ma vie… ouf!) ou s’inscrire à ses cours. Bref, je me suis dit « heille, c’est moi ça quand j’étais jeune ».

Jamais en 7 ans je ne m’étais posée la question, c’était tellement évident que je ne l’était pas! En fait, c’est l’an dernier qu’à la blague, mes amies Marie-Michèle et Magalie ont rigolé quand je leur ai dit avec grand sérieux que je n’avais pas de TDAH… elles ont dit que je m’ignorais! Je riais jaune… visiblement, elles ne me connaissaient pas beaucoup!

Puis, dans une discussion avec ma gang de parents (la cellule), Amélie a mentionné avoir développé des signes du TDAH après ses grossesses, à l’aube de la quarantaine… hein? Jamais entendu parlé de ça!!  Et c’est là que je me suis questionné… est-ce que mes amies avaient raison?  Je sais que j’ai toujours plein de projets en tête, que mon hamster n’arrête JAMAIS et que tout le monde s’entend pour dire que je suis passionnée! Mais de là à dire que j’ai un TDAH? Hyperactive oui mais… pis après?

Dans la salle, après la conférence, une dame s’est levée pour poser une question au Dr Laberge « Je me suis reconnue dans la description que vous avez faite sur les jeunes filles et le TDAH, je réalise que j’ai peut-être moi aussi un TDAH, pas juste mon enfant.  Qu’est-ce que je fais? Dois-je aller chercher un diagnostic? ».  Je saluait la pertinence de sa question puisque mes lèvres brûlaient de poser la même question.  Et Dr Laberge a répondu ceci : « Est-ce que vous êtes handicapé au quotidien par les signes ou cette condition? ».  La dame n’a pas hésité et elle a répondu NON.  « Alors on arrête là… c’est que le TDAH ne nuit pas à votre vie, alors inutile de le combattre ».

IMG_0619Et c’est là que je me suis dit… ben voilà, le TDAH est peut-être dans ma vie mais ça ne veut pas dire qu’il me nuit.  Dans mon cas, c’est tout le contraire même! J’ai appris avec les années à développer des stratégies compensatoires pour gérer mon lunatisme (même s’il me fait encore parfois faut bon) et à séquencer mes actions en fonction de mes faiblesses. On apprend à se connaître et on trouve des moyens pour pallier à cela. Comme lorsque je n’arrive pas à voir l’heure lorsque je suis au lit parce que les chiffres de mon réveil sont trop petits (et que je suis vraiment myope).  Qu’est-ce qu’on fait? On achète un réveil avec de gros chiffres!!! Je me suis donc rendue compte que toutes ces années m’ont appris à gérer les difficultés que m’apportait le déficit d’attention sans même savoir que j’étais touchée par cette problématique.

Bref, je ne dis pas que tout le monde peut y arriver, je dis simplement qu’il peut arriver que le TDAH se transforme, qu’il évolue et qu’il n’en reste que les forces.  Sans les particularités du TDAH, je n’aurais pas autant d’énergie, je ne serais pas aussi passionnée, pas autant impliquée et incapable de travailler sous pression comme j’arrive à le faire.  Je suis à mon meilleur sous adrénaline, c’est mon carburant! Et Dr Laberge qui dirait sûrement, le voilà ton psychostimulant! En prendre conscience, c’est un sentiment formidable! Je vous le souhaite à tous!

Eloïse Beaulé

Entrepreneure et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.

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