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Le TDAH est-il en progression?

Je vous questionnait dernièrement via ma page facebook sur la possibilité que le TDAH soit un nouveau phénomène, voir une nouvelle mode.  En fait, j’ai été confrontée à certains commentaires à l’effet que le TDAH était sur toutes les lèvres, à la manière d’une tendance. D’où les statistiques percutantes sur le taux de personnes médicamentées au Ritalin au Québec.  Le billet auquel je faisais référence ne datait pas d’hier, même en 2011, on me parlait du TDAH comme un phénomène nouveau, où le simple fait de dire que nous avions un tel trouble faisait de nous quelqu’un dans l’vent!

Puis, je me suis rappelée d’un article écrit par le Dr Benoît Hammarenger sur le sujet et qui répondait justement, aux questionnements des gens en lien avec l’effet de masse quant aux diagnostics :

“C’est juste au Québec. Ici on en diagnostique de plus en plus”

C’est une inquiétude, voire une préoccupation fréquente des parents. Cette impression qu’au Québec, on a le “diagnostic facile” pour le TDAH, alors qu’il ne s’agirait que d’enfants normaux, qui seraient passés parfaitement inaperçus il y a une vingtaine d’années. 

Première chose, l’état des connaissances actuelles nous démontre assez clairement un taux de prévalence uniforme de TDA/H à travers le monde (au moins à travers le monde occidental), oscillant entre 5% et 7% des enfants (Polancyk et al., Am J Psychiatry 2007). Il y a toutes les raisons de croire que ce taux fut le même à travers les époques et à travers les nations. La meilleure explication de l’origine du TDAH serait génétique, laissant croire qu’une tare génétique affecterait de manière uniforme tous les humains, où qu’ils soient, et que cette tare génétique programmerait le développement du cerveau de manière à ce qu’il y ait un sous-développement des aires péfrontales du cerveau. Le TDAH serait expliqué à 75% par transmission génétique (Faraone & Mick, 2010)

Ceci dit, d’autres facteurs peuvent contribuer à la manifestation d’un TDAH, tels que la prématurité, ou la consommation de substances (drogues, tabac, alcool) pendant la grossesse. De plus, il existe bel et bien des hypothèses selon lesquelles l’activité humaine, par la pollution de l’air et de l’eau, et par la contamination des aliments aux pesticides, aurait contribué à une augmentation des cas de TDA/H au cours des dernières années. Le cerveau serait particulièrement vulnérable chez le fœtus en développement, lorsque la mère serait exposée à ces contaminants. Chose certaine cependant, ce n’est pas juste au Québec que ça se passe.

Il faut également tenir compte du fait que la scolarisation est de plus en plus valorisée et nécessaire de nos jours, ce qui expose davantage ceux pour qui l’attention est difficile à soutenir en classe. Également, plus de professionnels sont formés et disposent de plus de données scientifiques pour se prononcer sur ce diagnostic.

Donc, clairement, le TDAH n’est pas une mode.  Le TDAH est un trouble neurologique qui est dû à l’évolution de l’humain, par ses choix et son mode de vie.  Bien que 75% des cas soient liés à l’hérédité, je reste convaincue (et ce n’est que mon opinion personnelle) que le facteur « environnement/alimentation » y est pour beaucoup.  Nous sommes entourés de polluants, nous nous nourrissons d’aliments transformés, colorés et dans lesquels on ajoute des préservatifs et des saveurs artificielles.  Comment penser que notre cerveau (ou celui de nos enfants) n’en sera pas affecté? Le dicton le dit : nous sommes ce que nous mangeons! Mais une question demeure, pouvons-nous arrêter ce cycle infernal? Est-ce que notre descendance est condamnée à la différence? Ou si un jour, l’immaturité du cerveau prendra des proportions si importantes qu’elles deviendront standard?

Eloïse
Fondatrice et blogueuse at

Fondatrice et blogueuse principale sur Famille TDAH. Eloïse est aussi entrepreneure, passionnée de web et maman de 3 garçons dont 2 d'entre-eux sont directement touchés par le TDAH.

6 thoughts on “Le TDAH est-il en progression?

  1. Je suis TDA et je vais deja faire une remarque de bon sens. Si la proportion de Tda est stable dans toutes les regions du monde alors c’est que les genes impliques sont tres anciens. Si malgres des dizaines de milliers d annee de selection naturelle, ces genes sont aussi presents dans la population c’est que les genes en question apportent des avantages importants. L humanite vient de traverser une ere de 2 millenaires d’agriculture et d’elevage, ou les « non-tda » avaient l avantage. Cette ere est terminee. Dans un siecle ou deux la normalite changera de camp, nous etudirons le trouble si particulier des non-tda, on appellera ca le syndrome du raisonnement sequentiel.Soyez fier de vos enfants, ils sont l avenir.

  2. Peut être que si on arrêtait de vouloir a tout prix les mettre dans un moule qui ne leur convient pas, ces enfants arrêteraient de se sentir mal dans leur peau, différents des autres, et pourraient évoluer sans se sentir « malades » ou coupables.

  3. Peut être que si on arrêtait de vouloir a tout prix les mettre dans un moule qui ne leur convient pas, ces enfants arrêteraient de se sentir mal dans leur peau, différents des autres, et pourraient évoluer sans se sentir « malades » ou coupables.

  4. bonjour. Je suis gênée par ce terme de ‘tare’. En génétique, lorsqu’un trait est conservé malgré les générations, ce n’est pas toujours qu’il s’agit d’une ‘tare’ mais bien parfois d’un trait qui pourrait être possiblement favorable aux être humains.
    Et si nous arrêtions de regarder le TDAH ou tout ce qui sort de la soit-disant ‘normalité’ comme une tare? Mais plutôt une chance que le monde a de connaître des gens différents, qui apportent des choses différentes à nos sociétés? De la spontanéité, de l’énergie (même à outrance), une façon différente de comprendre le monde et du coup d’y amener des solutions différentes? J’ai lu dans un article du devoir lors de la semaine du TDAH un article d’un chercheur, américain je pense, qui soulignait la créativité de ces enfants-là. Qui parlait du même souffle d’Einstein, de Curie, de Steve Jobs…
    Oui c’est dur au quotidien, oui, c’est dur pour nos enfants. Mais arrêtons de parler de ‘tare’ et peut-être pourrons-nous mieux participer au développement de ces enfants-là et futurs adultes.

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