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Le diagnostic de coin de table

photo_evaluationJe discutais dernièrement avec une psychothérapeute qui se disait exaspérée des diagnostics de coin de table.  Le genre de diagnostic qui est réalisé en 15 minutes, sans mesures, sans tests.  Son commentaire m’a fait sourciller. Bien sûr, j’avais déjà entendu parler de ces diagnostics à la va vite réalisés par un médecin de famille, par la psychologue de l’école (je ne juge pas ici, je rapporte ce que j’ai entendu)… Elle alla même jusqu’à dire que c’était la majorité des diagnostics qui sont fait trop rapidement, sans évaluation approfondie, sans réellement connaître le patient.  Je lui ai alors dit que j’étais surprise car lors de l’évaluation de nos enfants, nous avons eu un diagnostic élaboré… le dernier tenait sur 10 pages!  À son tour, elle était stupéfaite.  Elle n’avait en carrière, jamais vu de diagnostic qui tenait sur 10 pages… et elle a beaucoup d’expérience en la matière.

Plus tard dans la semaine, je suis tombée sur cet article de PsychoMedia : TDAH : manque de rigueur dans l’établissement du diagnostic qui relatait une étude réalisée en Allemagne et qui évaluait justement les professionnels de la santé sur leur capacité à bien diagnostiquer le TDAH.  Les résultats sont troublants… certains spécialistes diagnostiquent alors que l’enfant ne répond pas aux aux critères de base, soit la présence de 6 symptômes (ou plus) dans chacune des catégories qui a persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté ou ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant :

(les voici à titre de rappel)

Inattention

  1. souvent, ne parvient pas à prêter attention aux détails, ou fait des fautes d’étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d’autres activités
  2. a souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux
  3. semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement
  4. souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (cela n’est pas dû à un comportement d’opposition, ni à une incapacité à comprendre les consignes)
  5. a souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités
  6. souvent, évite, a en aversion, ou fait à contrecoeur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (comme le travail scolaire ou les devoirs à la maison)
  7. perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (p.ex., jouets, cahiers de devoirs, crayons, livres ou outils)
  8. souvent, se laisse facilement distraire par des stimulus externes
  9. a des oublis fréquents dans la vie quotidienne

Hyperactivité et/ou impulsivité

  1. remue souvent les mains ou les pieds, ou se tortille sur son siège
  2. se lève souvent en classe ou dans d’autres situations où il est supposé rester assis
  3. souvent, court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (chez les adolescents ou les adultes, ce symptômes peut se limiter à un sentiment subjectif d’impatience motrice)
  4. a souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir
  5. est souvent « sur la brèche » ou agit souvent comme s’il était « monté sur ressorts »
  6. parle souvent trop
  7. laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée
  8. a souvent du mal à attendre son tour
  9. interrompt souvent les autres ou impose sa présence (p. ex., fait irruption dans les conversions ou dans les jeux)

Pour ma part, les diagnostics ont été réalisés au privé (dans les 2 cas).  Est-ce meilleur, plus fiable, mesuré plus en profondeur? Je ne sais pas.  Chose certaine, le temps d’attente du public pour obtenir un diagnostic provoque certainement des « fast tracks », on tourne les coins ronds pour donner accès au maximum de personnes dans le meilleur délai. Mais à quel prix?

Eloïse
Fondatrice et blogueuse at

Fondatrice et blogueuse principale sur Famille TDAH. Eloïse est aussi entrepreneure, passionnée de web et maman de 3 garçons dont 2 d'entre-eux sont directement touchés par le TDAH.

7 thoughts on “Le diagnostic de coin de table

  1. moi aussi je suis d’accord. bien que j’ai la meme pediatre pour mes 4 enfants et qu’elle les ait vu a plusieur fois toucher a tous dans son bureau, elle nous a referre a une psychologue qui se specialise en tests psychologiques, apres les formulaires, tests, rendez vous chez l’opptometriste on s’est fait envoyer chez un psychologue specialiste en trouble d’attention…. Apres 4 enfants, il commence a nous connaitre… Et oui, si l’opptometriste est gratuit, ces fameux test coutents $2500, une chance que j’ai « une bonne job ».

  2. moi aussi je suis d’accord. bien que j’ai la meme pediatre pour mes 4 enfants et qu’elle les ait vu a plusieur fois toucher a tous dans son bureau, elle nous a referre a une psychologue qui se specialise en tests psychologiques, apres les formulaires, tests, rendez vous chez l’opptometriste on s’est fait envoyer chez un psychologue specialiste en trouble d’attention…. Apres 4 enfants, il commence a nous connaitre… Et oui, si l’opptometriste est gratuit, ces fameux test coutents $2500, une chance que j’ai « une bonne job ».

  3. Je suis d’accord qu’il y a effectivement certaines évaluations pour lesquelles on peux se poser quelques questions. Des mauvais diagnostiques, des erreurs ou même du laisser-aller est possible pour tout type de problématique et malheureusement même pour des affections qui sont mortelles (je pense à des cancers).

    Mais je souhaite me positionner à la défense des bons généralistes qui sont capable de poser un diagnostic de TDAH sans prendre 4 mois et pondre des rapports de 10 pages. Certains généralistes ne veulent pas faire d’évaluations pour le TDAH mais d’autres en voient souvent dans leur pratique et sont à l’aise de faire de tels diagnostiques.

    Dans mon cas personnel, j’ai moi-même pris les devants et j’ai été chercher plusieurs évaluations et rapports provenant de spécialistes en leur domaine pour épauler mon médecin dans son diagnostique.

    Quand l’école m’a aviser qu’ils avaient noter des signes d’un TDAH à mon fiston, je leur ai demandé si l’enseignante pouvait remplir un formulaire type (CADDRA) afin de noter les difficultés de mon jeune.

    J’ai également demander si le psychologue de l’école pouvait constaté leurs dires et m’en faire un résumé. Il a également vu mon jeune à 1 ou 2 reprises en individuel pour lui poser quelques questions avant de me remettre une copie de ses constatations.

    Ensuite j’ai payé en privé une orthopédagogue pour qu’elle fasse elle aussi un résumé de ses constatations (ex; pas de difficulté à lire, pas de difficulté à comprendre, doit répéter souvent, ne reste pas assis, etc.)

    Après, visite chez l’oculiste, (heureusement gratuit pour les enfants) afin d’éliminer un trouble de la vue.

    Papa et moi avons également rempli chacun notre copie d’une fiche décrivant les difficultés de fiston, parce qu’on ne perçoit pas les choses du même angle.

    Alors, oui, quand je suis arrivée avec tout ça, avec ma tornade sur 2 pattes, dans le cabinet de mon généraliste, il n’a pas hésité trop longtemps.

    Premièrement, ce n’était pas la première fois qu’il voyait mon fils comme médecin. Ensuite j’avais annoncé que je prenais rendez-vous pour une évaluation TDAH, il avait donc prévu plus de temps pour nous recevoir.

    Il a quand même pris le temps de regarder et lire sommairement les documents que je lui ai apporté, qu’il a gardé et qui sont au dossier en plus d’un mini questionnaire qu’il a lui-même rempli en nous posant quelques questions (à chacun).

    Bon, il vous dirait que c’est assez inhabituel qu’un parent arrive aussi préparé et que cela l’a un peu déstabilisé mais dans les faits c’est exactement ce qu’il m’aurait demander d’aller chercher comme documents.

    Il m’a expliqué qu’avoir un diagnostique de TDAH n’est pas une fin en soi mais bien le départ de plusieurs moyens et stratégies à mettre en place tant à la maison qu’à l’école qu’on utilise la médication ou pas.

    Il m’a recommandé de lire « Guide de survie pour parents à bout de souffle » de Suzanne Lavigueur et il m’a dirigé vers le groupe PANDA de mon secteur qui débutait ses activités. J’y suis impliquée depuis ce jour.

    1. Tu as raison Béatrice, ils ne sont pas tous « empressés »… j’étais d’ailleurs surprise d’avoir autant de témoignages disant que le diagnostic était rapide… et l’article qui en rajoute… bref, je me questionne beaucoup sur ces diagnostics et j’aimerais bien avoir l’heure juste sur la situation réelle. Ya un médecin ou un psy dans la salle?

  4. Je suis d’accord qu’il y a effectivement certaines évaluations pour lesquelles on peux se poser quelques questions. Des mauvais diagnostiques, des erreurs ou même du laisser-aller est possible pour tout type de problématique et malheureusement même pour des affections qui sont mortelles (je pense à des cancers).

    Mais je souhaite me positionner à la défense des bons généralistes qui sont capable de poser un diagnostic de TDAH sans prendre 4 mois et pondre des rapports de 10 pages. Certains généralistes ne veulent pas faire d’évaluations pour le TDAH mais d’autres en voient souvent dans leur pratique et sont à l’aise de faire de tels diagnostiques.

    Dans mon cas personnel, j’ai moi-même pris les devants et j’ai été chercher plusieurs évaluations et rapports provenant de spécialistes en leur domaine pour épauler mon médecin dans son diagnostique.

    Quand l’école m’a aviser qu’ils avaient noter des signes d’un TDAH à mon fiston, je leur ai demandé si l’enseignante pouvait remplir un formulaire type (CADDRA) afin de noter les difficultés de mon jeune.

    J’ai également demander si le psychologue de l’école pouvait constaté leurs dires et m’en faire un résumé. Il a également vu mon jeune à 1 ou 2 reprises en individuel pour lui poser quelques questions avant de me remettre une copie de ses constatations.

    Ensuite j’ai payé en privé une orthopédagogue pour qu’elle fasse elle aussi un résumé de ses constatations (ex; pas de difficulté à lire, pas de difficulté à comprendre, doit répéter souvent, ne reste pas assis, etc.)

    Après, visite chez l’oculiste, (heureusement gratuit pour les enfants) afin d’éliminer un trouble de la vue.

    Papa et moi avons également rempli chacun notre copie d’une fiche décrivant les difficultés de fiston, parce qu’on ne perçoit pas les choses du même angle.

    Alors, oui, quand je suis arrivée avec tout ça, avec ma tornade sur 2 pattes, dans le cabinet de mon généraliste, il n’a pas hésité trop longtemps.

    Premièrement, ce n’était pas la première fois qu’il voyait mon fils comme médecin. Ensuite j’avais annoncé que je prenais rendez-vous pour une évaluation TDAH, il avait donc prévu plus de temps pour nous recevoir.

    Il a quand même pris le temps de regarder et lire sommairement les documents que je lui ai apporté, qu’il a gardé et qui sont au dossier en plus d’un mini questionnaire qu’il a lui-même rempli en nous posant quelques questions (à chacun).

    Bon, il vous dirait que c’est assez inhabituel qu’un parent arrive aussi préparé et que cela l’a un peu déstabilisé mais dans les faits c’est exactement ce qu’il m’aurait demander d’aller chercher comme documents.

    Il m’a expliqué qu’avoir un diagnostique de TDAH n’est pas une fin en soi mais bien le départ de plusieurs moyens et stratégies à mettre en place tant à la maison qu’à l’école qu’on utilise la médication ou pas.

    Il m’a recommandé de lire « Guide de survie pour parents à bout de souffle » de Suzanne Lavigueur et il m’a dirigé vers le groupe PANDA de mon secteur qui débutait ses activités. J’y suis impliquée depuis ce jour.

    1. Tu as raison Béatrice, ils ne sont pas tous « empressés »… j’étais d’ailleurs surprise d’avoir autant de témoignages disant que le diagnostic était rapide… et l’article qui en rajoute… bref, je me questionne beaucoup sur ces diagnostics et j’aimerais bien avoir l’heure juste sur la situation réelle. Ya un médecin ou un psy dans la salle?

  5. Je suis en cours de diagnostic de tdah moi aussi. Pour ma part, ça n’a pas été fait à la va-vite non plus. Je suis en démarches depuis octobre! J’ai eu plusieurs rencontres (d’1h chaque) avec une psychologue pour faire l’anamnèse. De plus, je lui ai apporté le rapport de mon psychiatre qui m’a évaluée cet hiver (pas par rapport au tdah, mais par rapport à d’autres diagnostics « comorbidités » et à mon état général). J’ai eu 7h de tests neuropsychologiques, et encore peut-être d’autres à venir, si la neuropsychologue décide de m’en faire faire plus. Et je vais avoir le rapport fin janvier, enfin!

    Pour ma part, c’étaient les services de l’université pour la psychologue et la neuropsychologue, je dois quand même payer, mais à tarif réduit (et avec moins d’attente qu’au public).
    C’est une bénédiction ces services, au privé c’est trop cher pour moi, et au public… j’aurais eu le temps de finir mes études (ou de les abandonner…). Je vais aussi avoir accès à un orthopédagogue pour m’aider ensuite avec mes lacunes (encore là, tarif réduit, pas de liste d’attente!).

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