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Je démissionne

Quand rien ne va plus, qu’on a tout essayé et que visiblement on ne sent plus d’attaque pour faire face à la situation et à assumer notre rôle, on quitte. Oui, on va voir ailleurs, on change la dynamique et on s’imbibe d’une nouvelle énergie, plus positive et parfois même plus valorisante. On tente de retrouver son équilibre, de se retrouver aussi.  On change pour le mieux quoi!

Or le problème ici, ce n’est pas du boulot dont j’ai envie de démissionner, c’est de mon rôle parental.  J’ai tellement honte de l’écrire, mais c’est plus fort que moi, je dois sortir cette pensée de ma tête…

J’ai tout donné à cet enfant. Je l’ai soutenu dans ses peurs, je l’ai outillé et encadré pour qu’il prenne la bonne direction dans la vie, je l’ai aimé, encouragé et défendu alors que tous étaient contre lui.  J’ai toujours tendu la main, ouvert mon coeur et été son  meilleur et plus fidèle allié, mais je n’ai plus cette force, ni cette volonté maintenant.

Je suis blessée, meurtrie et complètement anéantie.  Il aura bientôt 11 ans et son opposition  omniprésente me sidère.  Oui, c’est vrai, je suis généralement orientée solution et j’ai mis en place des moyens pour arriver à l’encadrer et à l’aider à se prendre en charge.  Ça fonctionne bien.  Il a de bonnes notes à l’école, il a un quotidien normal et une vie sociale qui semble normale… mais à la maison, c’est un véritable enfer. Il provoque, réponds « non » quand on lui demande quelque chose, il picosse sans cesse ses frères, fait l’inverse de ce que je lui demande, s’oppose physiquement et franchement, donne un bien mauvais exemple à son petit frère (on s’entend, je ne demande pas la lune).  Je ne sais plus comment faire face à ce comportement, cette attitude de marde. J’en ai assez.

Oh, j’entends déjà certaines personnes dirent « pauvre petit parent, que vous faites pitié, vous me donnez le goût de vomir » (on me l’a déjà dit alors j’anticipe)…. eh bien oui, je fais pitié. J’ai honte de moi aussi. Je suis en échec. Je n’y arrive plus. je ne peux plus faire face à cet enfant qui résiste.  Si je pouvais démissionner, je le ferais. Mais je ne peux pas.  Je suis en burnout parental et personne ne peut rien y faire.

Mon mari fait tout ce qu’il peut, il l’amène avec lui quand il sort de la maison parce que sinon, mon fils fini par se chicaner avec son grand frère ou à se chicaner avec moi ou encore, à faire pleurer son petit frère. Il a perdu tous les privilèges possibles, il en est presque rendu à être confiné à sa chambre. Mais on dirait que c’est plus fort que lui, il doit provoquer, faire du mal, de la peine et intimider les gens qui l’aiment.  L’autre jour, son petit frère avait mis son caleçon à l’envers et l’étiquette dépassait.  Il n’a pas cessé de le souligner à son petit frère « tu as mis ta culotte à l’envers »… « aille, tu as mis ta culotte à l’envers ehehehhe »… puis à chantonner à tue-tête, « le bon roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers »…. malgré mes avertissements, mes consignes et la conséquence, il n’a pas cessé de l’écœurer… même quand le petit s’est mis à pleurer.  Ce n’est pas un climat sain pour lui ça… ce n’est pas sain pour nous non plus.  Personne ne mérite de subir de l’intimidation, encore moins dans sa propre famille.  Mais il s’acharne.

Quelqu’un m’a un jour confié que lorsque sa mère l’avait abandonnée au CLSC parce qu’à bout de souffle, à court de moyens, elle en était venue là, à abandonner à l’état son adolescente rebelle.  Cette femme, aujourd’hui mère, me disait combien cette situation l’avait meurtrie et qu’elle aurait dont souhaité que sa mère l’aide plutôt que de l’abandonner.  Bien sûr, sa mère ne savait plus quoi faire d’autre pour la secouer, lui faire comprendre qu’elle devait changer.  Elle a simplement démissionné.

Je ne veux pas blesser mon fils, je veux moi aussi l’aider. Mais je ne peux plus… du moins, pas en ce moment.  Je dois me refaire des forces, prendre du recul, décanter tout ça.  Comment aider et soutenir quand on a plus la force ? On ne peut pas.  On doit être équilibré dans son rôle parental pour offrir le meilleur de soi-même.  Or, je suis en déséquilibre en ce moment.

Je pense que j’ai besoin d’une sabbatique…

Eloïse
Fondatrice et blogueuse at

Fondatrice et blogueuse principale sur Famille TDAH. Eloïse est aussi entrepreneure, passionnée de web et maman de 3 garçons dont 2 d'entre-eux sont directement touchés par le TDAH.

4 thoughts on “Je démissionne

  1. bonsoir,
    je vous lis alors que je viens de vivre une situation « spéciale » avec ma fille de 20 ans. Son chum est même parti chez lui. Je m’accroche à l’espoir qu’un jour elle pourra volée de ses propres ailes et sera heureuse. je trouve ça très difficile car ça toujours été tournée vers moi l’animosité, les reproches…Sans médications, c’est flagrand. Avec medication, ce n’est pas la même chose. AMOUR INCONDITIONNEL, PATIENCE, ETC…C’est ce que je me dis mais ça ne m’empêche pas de pleurer! J’ai tellement de peine! J’ai hâte au jour où je ne serai plus la raison de ses écarts de conduites. Ma fille est merveilleuse! Mais, sans médication, elle est plutôt destructrive. Ouf!

  2. Je suis dans la même situation il a 17 ans et c’est pas simple tout les jours. … j’en marre je demissionne, si je ne l’ai pas dit 100 fois, je ne l’ai pas dit une fois. J’ai j’avoue démissionné un moment, j’ai fais une dépression c’est tellement difficile de se sentir impuissant et tellement dur de tenir tête tout le temps. Bon là je remonte et çà me paraît toujours aussi dur, mais j’ai retrouvé l’envie de le sauver et de nous sauver.
    Je ne peux que vous souhaiter bon courage et qu’est ce qu’on aime nos emmerdeurs..
    Bonne journée.

  3. bonsoir,
    je suis dans le même cas avec mon fils ainé, mais plus petit, je tends déjà le dos alors qu’il a 8 ans 1/2… alors l’adolescence je stresse déjà
    la fatigue le burn out parental… j pense que nous qui sommes concernés pouvons vous comprendre
    tout mon courage et tenter de vous créer une bulle rien qu’à vous.

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