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Impact du TDAH sur les frères et sœurs

Profile photo of Eloïse Beaulé

Eloïse Beaulé

Entrepreneur et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.
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OV26AOMUMIOn m’a souvent posé la question : « Comment je peux faire pour que mes autres enfants (neurotypiques) ne soient pas trop touchés par le TDAH de leur frère/soeur? ».  Je me suis moi-même souvent posé la question puisque notre 3e garçon, bien que présentant des traits typiques du TDAH, n’en était pas atteint.  Dans quelles mesures allait-il être lui aussi touché (comme parent ça nous affecte, donc forcément, ça doit l’affecter aussi) par ce trouble?  En fait, avec les années, j’ai réalisé que le TDAH affectait toute la famille, même la famille élargie… les grand-parents, les oncles/tantes et même les cousins/cousines.

Pour les frères et soeurs c’est encore plus important comme impact puisque souvent, l’enfant ayant un TDAH demande beaucoup de notre attention, encore plus s’il/elle a un trouble associé (comme le TOP par exemple).  Le frère ou la soeur se sent bien souvent isolé, parfois abandonné et malgré nous, il/elle pourrait se sentir moins aimé. Chez-nous, ce n’est pas le cas car notre petit dernier souffre d’asthme chronique ce qui nous demande beaucoup d’attention. Par contre, lorsque les matins sont chaotiques, lorsque le fiston hyperactif s’oppose et que l’on pète les plombs, entendre crier ou voir son parent se fâcher à cause du comportement de l’autre enfant et ce, dès le petit matin… eh bien… ça ne part pas bien la journée (pour le parent non plus je dois préciser). Mon 3e fiston se fâche parfois, exaspéré par le comportement de son frère. On connaît tous les difficultés que peuvent représenter les relations dans la fratrie.  Imaginez quand l’un des enfants provoque volontairement l’autre, qu’il lui fait des mauvais coups ou qu’il alimente les chicanes.  « Les frères et soeurs deviennent souvent des « cibles faciles ». Il est important que les parents interviennent le cas échéant ». Alors vous comprendrez que c’est finalement toute la dynamique familiale qui est directement affectée.

Pourtant, « pour certains chercheurs, il est tout aussi probable que le trouble produise des effets positifs sur les frères et sœurs tels qu’une plus grande compassion à l’âge adulte ». Personnellement je suis plus à penser que comme le disent certaines études: « que les frères et sœurs d’enfants atteints de maladie chronique courent un risque plus élevé d’avoir des problèmes (troubles du comportement, manque d’assurance, timidité, piètres relations sociales, solitude, anxiété, dépression ou mauvais résultats scolaires) ». Mais personne ne s’entend sur ce point et peu d’études sont faites sur le sujet.

Les impacts

(Tels que décrits sur le site de AboutKidsHealth)

Les besoins des frères et sœurs d’enfants souffrant de TDAH sont quelquefois négligés.
Voici les émotions qui peuvent en découler :

  • de l’anxiété : occasionnée par le comportement de l’enfant TDAH
  • de l’inquiétude : en cas de départ en vacances ou d’un changement de routine, compte tenu des réactions imprévisibles de l’enfant TDAH
  • du ressentiment : à l’égard de l’attention accordée à l’enfant TDAH ou des désagréments qu’il occasionne ou à l’égard des parents, jugés inaptes à prévenir les désagréments occasionnés
  • de la tristesse : à cause du peu d’attention reçue, ou de l’enfance ou la vie de famille « normale » perdues
  • de la satisfaction : pour l’aide apportée à l’enfant TDAH

On dit aussi que si l’enfant ayant un TDAH est le cadet de la famille, « ses frères et sœurs sont parfois tenus de le surveiller, de jouer avec lui ou de le protéger ». Mais si celui-ci est l’aîné, « ses frères et sœurs cherchent quelquefois à imiter son comportement« . Et ça, c’est drôlement intéressant dans notre cas puisque le petit dernier, n’ayant pas de TDAH, a pourtant plusieurs signes. Mon mari disait d’ailleurs avoir l’impression que celui-ci imitait le comportement de ses frères. Il avait visiblement raison. 😉

Comment aider les frères et sœurs à faire face à la situation?

  • D’abord, en parler à l’enfant – Lui expliquer ce qu’est le TDAH et de quelle façon ça affectera son frère ou sa soeur et indirectement quel sera l’impact sur la famille, sur lui et sur ses parents.
  • Il doit également pouvoir libérer ses émotions – Le laisser en parler, exprimer ses émotions à cet égard. Tenez compte de leurs inquiétudes et de leurs besoins.
  • Essayer aussi de maintenir une bonne ambiance familiale en dépit des dérangements causés par le TDAH (je sais, ce n’est pas évident du tout)
  • Appliquez des routines personnalisées – Si les routines ne s’appliquent qu’à l’enfant ayant un TDAH, le frère ou la soeur se sentira laissé pour compte.
  • Les règles et le système d’émulation (système de récompenses) doivent être les mêmes pour tous les membres de la famille.
  • Passez du temps équivalent avec vos autres enfants – Du temps de qualité avec l’un des parents, c’est bon pour tous.
  • Faites-les collaborer – Si l’enfant TDAH a tendance à être désorganisé, l’autre enfant peut alors lui rappeler certains oublis pour l’aider. Chacun donne son coups de pouce en fonction de leurs forces respectives. N’hésitez pas à récompenser l’enfant qui aide, ça aura un effet d’entrainement. Mais prenez garde, les enfants adorent jouer aux parents… ici, nous devons souvent les ramener à l’ordre en ce sens. Aider, ce n’est pas « dire quoi faire ». Vous êtes le parent, le guide.
  • Assurez-vous que vos autres enfants soient bien entourés – des amis, des activités et des ressources d’aide si vous en avez dans votre région.
  • Et surtout, si vous notez des signes de dépressions, d’anxiété ou de stress chez la fratrie, n’hésitez pas à consulter pour eux aussi, ils sont aussi vos enfants après tout. 🙂

Source : Effets du TDAH sur les frères et sœurs (la traduction est so so et les termes « enfant malade » peuvent vous gêner)

Eloïse Beaulé

Entrepreneure et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.

One thought on “Impact du TDAH sur les frères et sœurs

  1. Je suis tout à fait d’accord. Moi même soeur aînée d’un petit garçon (enfin plus tant que ça maintenant, à 14 ans déjà…) TDAH diagnostiqué depuis ses 7 ans (mais présent bien avant), il est parfois difficile de se faire une place quand l’autre prend tellement de place, que ce soit au niveau scolaire, familial, médical… Sans compter que les médecins nous prennent très rarement en compte, enfin pour ma part.
    Je ne dis pas avoir été oubliée au contraire mes parents se sont toujours bien occupée de moi, mais malgré les bonnes intentions des parents, il n’est pas rare de se sentir isolé… Et peut être d’essayer de combler les carences d’attention de son frère en essayant d’être soi même irréprochable. Quand je lis tous les témoignages, il est rare que je tombe sur des frères et soeurs qui s’expriment, je trouve ça dommage parce qu’il y a de nombreuses fois où j’aurai aimé en parlé avec quelqu’un qui vivait la même chose que moi dans sa famille… Car en parler avec ceux qui ne connaissent pas, et même vivre tout cela, est aussi difficile pour les parents que pour nous, je pense.
    J’ai trouvé ce sujet extrêmement juste.

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