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Ces rencontres que nous voudrions parfois éviter

S059QDGBOGUne fois l’effervescence de la rentrée terminée, nous tombons bien rapidement dans une routine qui peut être plus ou moins agréable pour certains, mais aussi cauchemardesque pour d’autres. Malheureusement, cette routine ne coule pas toujours comme on le voudrait.

Étant une maman de deux enfants diagnostiqués TDAH dont un avec des troubles anxieux sévères avec phobie, je trouve que tout reste toujours bien fragile. Le matin, on arrive bien souvent au travail la langue à terre. Même chose quand on revient le soir, la routine nous attend de pied ferme avec une série rocambolesque de numéros vertigineux, plus dangereux les uns que les autres qui nous guident vers une soirée sans entracte où l’on a bien souvent envie d’aller se cacher dans une pièce en attendant l’heure du coucher.

Les journées de certaines familles sont déjà assez bien remplies comme cela, alors imaginez quand on ajoute à cet équilibre déjà bien fragile, un message de l’enseignant dans l’agenda de votre enfant, un appel ou certains commentaires plus ou moins agréables. Bien souvent s’ensuit un spectacle haut en couleur digne des feux d’artifice… il ou elle veut vous rencontrer et vous êtes chanceux quand ce n’est pas ils ou elles veulent vous rencontrer.

Alors, voilà un sujet dont j’aimerais vous parler, la relation entre l’enseignant et le parent. Pourquoi en venir à ce sujet ? Je suis une maman, mais il se trouve que je suis aussi une enseignante. Je vis les deux côtés de la médaille et sans prétention, j’ai eu envie de vous exprimer ce que je vivais au quotidien, comme maman, mais surtout comme enseignante.

J’enseigne depuis 12 ans en sixième année et avec mes collègues, nous formons une belle équipe et à chaque année, nous préparons nos élèves à aller vers le secondaire, un passage qui est très important dans la vie de nos préadolescents, mais encore plus dans celle de leurs parents.

Pourquoi rencontrer les parents ?

Premièrement, dans quel but je rencontre les parents de mes élèves ? Dès que j’ai une inquiétude pour un de mes élèves, j’écris pour rencontrer les parents. Que ce soit sur le plan académique, comportemental ou social, tout est important. Il faut en profiter, car au secondaire vos enfants auront plusieurs enseignants et cela peut être plus difficile d’avoir l’heure juste. Je vois vos enfants plus que les miens, ils deviennent en quelque sorte ma famille pour 10 mois, c’est important que je rencontre leurs parents.

Quand les rencontrer ?

Une chose est certaine, ces rencontres se veulent toujours agréables et dans l’unique but d’aider vos enfants. Si j’ai une inquiétude, les rencontres doivent se faire tôt dans l’année, il n’est pas question d’attendre la première communication ou la rencontre du premier bulletin (période où je rencontre tous les parents). Je n’attends pas non plus le plan d’intervention, car certains moyens pour aider vos enfants doivent être mis en place le plus tôt possible afin de pouvoir évaluer rapidement leur efficacité.

Pourquoi rencontrer les parents si rapidement, parce que j’ai besoin d’eux si quelque chose ne fonctionne pas à l’école, j’ai besoin de leur expertise en tant que parent. Il s’agit de votre enfant, vous le connaissez depuis longtemps, c’est vous qui allez pouvoir dire à l’enseignant, ce qui fonctionne ou pas avec votre enfant à la maison.

Pour pouvoir aider un élève, nous devons former une équipe solide : VOUS, les parents, l’enfant et l’enseignant. Si vous ne faites pas partie de l’équipe, l’enseignant travaille dans le vide. Même chose, si vous parlez négativement de l’enseignant devant votre enfant.

Les rencontres avec un parent se veulent toujours positives… mais, malheureusement, elles ne le seront pas toujours. Pourquoi ? Je vous rappelle que je suis une maman et que dans la vie, certaines réactions sont inévitables. Comme maman, j’ai pleuré dans certaines rencontres avec les enseignants de mes enfants, parfois je me suis retenue pour ensuite pleurer toutes les larmes de mon corps dans mon auto, parfois j’ai ragé et combien de fois je me suis sentie jugée, mais également, je n’oublierai jamais le nombre de fois où j’ai été rassurée, consolée, mais surtout écoutée.

En tant qu’enseignante, quand je rencontre les parents, je dois transmettre certaines informations, certains comportements observés en classe, je dois expliquer, discuter, annoncer certaines choses et il se trouve que ce n’est pas toujours agréable à recevoir pour un parent.

J’ai beau me dire que je sais ce que tous ces parents vivent, mais ce n’est pas vrai, car personne n’est pareil et personne ne réagit de la même façon.   Par contre, une chose est certaine, tous les parents se sentent rapidement et facilement jugés, moi la première et encore plus quand nos enfants ne rentrent pas dans le cadre de l’enfant-modèle… celui que l’on aurait tant voulu pour notre enfant, celui que l’on continue d’espérer, celui pour lequel notre deuil s’éternisera.

Alors comment pourrais-je espérer n’avoir que des rencontres positives en sachant très bien que parfois c’est impossible. Alors, je travaille fort, tout au long de l’année, autant avec les enfants qu’avec les parents. J’essaie de donner des nouvelles positives, d’en donner souvent et de répondre aux inquiétudes des parents, parce qu’eux aussi en ont beaucoup avant le secondaire. Oui, ça demande beaucoup de travail, mais combien c’est agréable d’avoir une belle relation avec les parents.

Je ne suis pas psychologue, ni orthophoniste, ni orthopédagogue et j’en passe et je n’essaierai jamais d’émettre un diagnostic par contre, je peux dire, raconter, expliquer tout ce que je vois dans ma classe, car je passe 25 heures par semaine avec mes élèves. Mais tout cela n’est pas dans le but de vous assommer, mais plutôt pour essayer de trouver une solution avec vous, les parents afin de mettre des moyens en place. Les messages envoyés aux parents ne doivent pas toujours être lus par les enfants, car leur estime peut en être grandement affectée donc, il est important d’utiliser les courriels.

Parfois, vous n’aurez pas envie d’entendre parce que c’est trop difficile, je sais que certaines nouvelles prennent du temps à accepter, d’autres rencontres vous feront pleurer, il y en aura d’autres où vous serez même fâchés contre l’enseignant. Parfois, vous trouverez qu’il exagère, qu’il est trop mère poule ou pas assez, mais parfois, vous pleurerez de joie devant les petits et grands progrès que feront vos enfants.

Une chose reste essentielle, vous pouvez les haïr, les détester, mais ne parlez jamais en mal d’un enseignant devant votre enfant. En tant qu’adulte, il est possible de travailler cette relation avec l’enseignant et voire même repartir à zéro s’il le faut, mais l’enseignant ne pourra pas faire la même chose avec votre enfant. Votre enfant a une confiance absolue en vous et vous croira peu importe ce que vous dites, que ce soit sous le signe de la colère ou pas, il n’en fera pas la distinction. Vous avez des étapes à vivre qui ne regardent aucunement votre enfant. À partir du moment, où un enfant ne fait plus confiance à son enseignant, la relation est brisée et l’enseignant ne peut plus aider votre enfant.

Faites confiance aux enseignants de vos enfants, certaines années scolaires sont plus difficiles que d’autres, mais vos enfants en ressortiront plus fort. Et si ce n’est pas le cas, il y aura au cours de son cheminement scolaire, un jour ou l’autre, cet enseignant qui saura mettre de la magie dans la vie de votre enfant et par le fait même dans la vôtre. On a presque tous eu un enseignant au cours de notre propre cheminement scolaire qui a changé la vision que nous avions de l’école et de la vie. Pourquoi ça n’arriverait pas à vos enfants ?

Bonne rentrée scolaire !

Note au lecteur : le masculin est utilisé sans aucune discrimination et dans le seul but d’alléger le texte.

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