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8 choses à ne pas dire à un parent d’enfant ayant un TDAH, la suite

Profile photo of Eloïse Beaulé

Eloïse Beaulé

Entrepreneur et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.
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L’an dernier, à pareille date, j’avais publié mon premier billet du même titre : « 8 choses à ne pas dire à un parent d’enfant TDAH« .  Les réactions furent nombreuses, plusieurs personnes (lire « parents ») ont accueillies avec un certain soulagement ce que j’ai osé écrire.  Ça m’a fait un bien fou et à voir le nombre de partages, je crois bien que ça vous a fait du bien aussi. J’ai légèrement modifié le titre, l’enfant n’est pas TDAH, il a un TDAH.  Petite nuance 😉

Cette année donc, j’ai décidé de faire une mise à jour de ces 8 choses à ne pas dire… mais cette fois, j’ai consulté des parents impliqués qui s’unissent pour aider d’autres parents. Leur opinion vaut la mienne, sinon plus!

Voici donc ce que nous ne souhaitons plus entendre et qui nous tue à chaque fois qu’on l’entend.

  1. Dans mon temps, ça n’existait pas le TDAH et on fonctionnait pareil – Et bien dans votre temps, il y a bien des choses qui n’existaient pas… mais ce qu’il y avait par contre et qu’on retrouve moins aujourd’hui c’est des gens peu scolarisés qui trop découragés par leur faible capacité d’apprentissage abandonnaient avant de terminer leur secondaire.  Un taux de suicides effarant chez les moins de 20 ans, plusieurs grossesses juvéniles, plusieurs cas de toxicomanie et j’en passe…
  2. Il passe beaucoup trop de temps sur sa tablette – Une autre chose qui n’existait pas dans l’temps!  Internet, les tablettes et toute la technologie portable, ça a révolutionné notre monde! Vous rendez-vous compte à quel point ils sont chanceux d’avoir accès à toute cette information?  Pendant un souper, mon fils me parle d’un insecte en me le décrivant.  Je lui dit alors que c’est sûrement une mante religieuse, il me dit non.  On sort la tablette, un petit tour sur wikipedia et voilà notre réponse ; il parlait en fait d’une sauterelle! Imaginez les beaux moments partagés avec votre enfant ! Évidemment, comme tout plaisir, il faut utiliser avec modération.  Aucune étude n’a établie de lien entre l’utilisation de la technologie et l’apparition du TDAH.
  3. Les diagnostics ne sont pas fiables, ils sont fait sur un coin de table – Ce n’est heureusement plus vrai aujourd’hui.  Oui, il y aura toujours des médecins qui prescriront des médicaments sans évaluation psychologique (plusieurs prescrivent des anti-dépresseurs sans avoir fait de bilan psychiatrique d’une personne) mais c’est une très faible proportion.  Généralement, le médecin réfère à un psychologue, un pédopsychiatre ou encore à un neuropsychologue.  Même sur réception d’une évaluation fortement documentée, plusieurs hésitent à prescrire.  Même son de cloche du côté de l’école, ils encouragent tous à aller chercher un diagnostic au privé.  Plus de budget pour évaluer les enfants à l’école, des listes d’attentes interminables au public (2 ans +)… on se tourne alors vers le fameux privé qui demande une dizaine d’heures d’évaluation pour aboutir au diagnostic. En plus d’une belle facture qui tourne autour de 1500$
  4. Les commentaires et les jugements gratuits – Vous savez le genre de commentaires comme « fais-lui faire plus de sports », « tu manques d’autorité, de rigueur » ou encore « il est paresseux, il ne se donne pas la peine »…?  Et bien ils font mal… comme si comme parent nous avions un pouvoir sur le trouble.  Si c’était le cas, nous l’exerceriont! C’est tellement un manque de respect que de juger sans savoir de quoi vous parlez… et si moi je vous disais que vous êtes grosse parce que vous mangez trop de pizza?  Et si je vous disais que votre « brandy nose » indique bien que vous avez une dépendance à l’alcool et que vous devriez arrêter de boire?  Personne n’oserait… alors pourquoi osez-vous nous juger comme parent?
  5. Il existe d’autres solutions que la médication  – Oui, c’est vrai!  Mais aucune n’est aussi efficace.  Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les spécialistes!  Ce qu’ils disent aussi, c’est que le meilleur traitement pour contrer les signes du TDAH c’est de combiner les traitements : médication + intervention comportementale (psychologie).  Et c’est ce que nous faisons! Plusieurs parents paient entre 200 et 500$ par mois juste en intervention (orthopédagogie, orthophonie, ergothérapie, psychoéducation, psychologie, neuropsychologie et autres méthodes alternatives).  On fait vraiment tout ce qu’on peut pour aider, médication comprise!
  6. Tu te fais manipuler, il cherche juste à attirer l’attention – Oui, ce sont souvent des enfants très intelligents mais ils sont aussi très impulsifs… ils ne contrôlent pas toujours leurs gestes, leurs paroles et l’ensemble de leur comportement. Et pour votre culture personnelle, le Trouble du déficit de l’attention est souvent accompagné d’une autre problématique comme les troubles d’apprentissage dont la dyslexie ou la dyscalculie (la liste est plus longue que ça, je fais court), d’un trouble anxieux (très fréquent), d’un trouble d’opposition avec provocation (le meilleur ami de l’anxiété) et même de syndromes comme celui de Gilles de la Tourette.  Si ce n’était qu’un manque d’attention, ça serait réglé assez vite merci ! C’est moi l’adulte, je sais pertinemment ce qui est de la manipulation et ce qui ne l’est pas.
  7. Ils le disent, le Québec est champion de la consommation de Ritalin – C’est ce qu’ils disent oui!  Mais si on se questionnait à savoir pourquoi ? Sans sauter à pieds joints sur la réponse la plus facile ? Si c’était parce qu’on détecte plus facilement le trouble et qu’on possède une plus grande expertise en la matière?  Si c’était parce qu’effectivement, c’est LE moyen le plus efficace pour diminuer les signes handicapants du TDAH, surtout à court terme? Et si c’était parce que les ressources financières ne sont pas suffisantes pour couvrir les services dont aurait besoin l’enfant et que l’état est supposé couvrir mais qu’il n’en a pas les moyens ?   Et si le Ritalin était utilisé pour traiter une autre problématique que le TDAH? Ahhh vous ne le saviez pas?
  8. Les médias parlent toujours du TDAH, c’est à la mode – Pourquoi chaque fois que l’on parle du TDAH dans les journaux ou à la télé, faut-il qu’ils accordent autant d’importance à UN spécialiste qui vient de publier un  livre et qui est à la recherche de visibilité pour mieux vendre son livre?? Le Québec est peuplé d’excellents chercheurs en la matière, il suffit de jeter un oeil à la clinique des troubles de l’attention de l’hôpital-Rivière-des-prairies pour voir le nombre de spécialistes ayant en main les résultats d’une tonnes de recherches sur le sujet.  C’est eux que nous devrions écouter.  À écouter les médias, la faute incombe aux parents, à l’école, aux médecins et surtout, aux pharmas.  Nous ne sommes pas tous fous!!  Nous n’avons pourtant pas la berlue!  J’ai hâte que l’on se questionne sur les origines du trouble… environnement, alimentation, société, etc.

Bonus!

Vous avez vu? Nous en avons 8 ! Moi j’ai vraiment envie d’en ajouter une en bonus : Le fondateur du TDAH a dit sur son lit de mort que ça n’existait pas – Chaque fois que je vois une publication sur facebook, elle est suivie de la photo du fameux fondateur du TDAH, Leon Eisenberg. En gros, il aurait dit  » Le TDAH est l’exemple même d’une maladie fabriquée »(TDAH is a prime example of a fictitious disease). Ses mots frappent parce qu’il a participé à l’intégration du TDAH au DSM, véritable bible des troubles de santé mentale.  Hey, s’il l’a dit…!!! Non mais sérieusement, parce qu’un homme dit une chose pour attirer l’attention, est-ce que ça veut dire qu’il est porteur de la vérité?  La terre est peuplée de spécialistes, d’éminents chercheurs… s’il disait vrai, que ça n’existe pas, vous ne croyez pas que ça aurait été remis en question?  Pu capable de l’entendre… trop facile.



Eloïse Beaulé

Entrepreneure et passionnée du web, Eloïse est aussi maman de 3 garçons dont 2 ont des diagnostics de TDAH. Elle écrit sur sa vie de famille touchée de près par le TDAH depuis 2009 et s'est donné pour mission de guider et d'orienter les familles vers les ressources et les outils pouvant soulager leur quotidien déjà rempli de défis.

One thought on “8 choses à ne pas dire à un parent d’enfant ayant un TDAH, la suite

  1. ‘Les médias parlent toujours du TDAH, c’est à la mode ». Dans ce cas, il y a beaucoup de gens qui ne lisent pas, qui n’écoutent pas les médias électroniques car personnellement je rencontre plusieurs personnes qui sont remplis de connaissances erronées et de jugements faciles. La sensibilisation doit se poursuivre…

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